GUY GOFFETTE
LA VITA PROMESSA
TRADUZIONE DI CHIARA DE LUCA
Da Solo d’ombres, Gallimard, Parigi 2003
À travers le feuillage des jours
le soleil passe la main
et lance sur le carrelage
la monnaie de notre pièce
solo d’ombres et de voix
pour que nous y trouvions
la force de prendre
le présent par l’avenir
comme un enfant par ses yeux
et rassemblions assez d’oiseaux
pour croire en l’arbre fraternel
qu’ensemble nous partons
Il sole fa scivolare la mano
attraverso il fogliame del giorno
e lancia sull’ammattonato
la moneta della nostra stanza.
Assolo d’ombre e di voce
affinché vi troviamo
la forza di scambiare
il presente per il futuro
come un bambino con i suoi occhi
e somigliamo abbastanza agli uccelli
per credere all’albero fraterno
che ci spartiamo.
*
Certains soirs
le loup qu’on croyait mort
privé d’enfance
montre à nos fenêtres
le bout de son museau
mais c’est un autre loup
et c’est une autre enfance qu’il nous faut
pour l’apprivoiser
Nous passons la nuit
dans la neige des caresses
à chercher sur nos corps
la trace de ses pas
Certe sere
Il lupo che credevamo morto
privato d’infanzia
ci mostra alla finestra
la punta del muso
ma è un altro lupo
ed è un’altra infanzia che ci serve
per ammansirlo
Passiamo la notte
nella neve delle carezze
a cercare sui nostri corpi
la scia dei suoi passi.
*
RECONSTRUCTION
L’aube effrange autour des reins
la ceinture des pays endormis
la marche au miroir écorce sur la nuque
l’arbre de la nuit
mais dans la cuvette
le silence prend tes rides
et tu peux
sorti de l’eau
remplir lentement tout ton corps
jusqu’à ce que tes yeux
trouvent en face
le courage de la lumière
Ricostruzione
L’alba sfrangia attorno alle reni
la cintura dei paesi addormentati
La scala allo specchio scorteccia sulla nuca
l’albero della notte
ma nel catino
il silenzio ti prende le rughe
e tu puoi
uscito dall’acqua
riempirti piano il corpo del tutto
fino a che i tuoi occhi
trovino in faccia
il coraggio della luce
*
BANLIEU DE L’AUBE
À Gérard Noiret
Les trains de peine tirent de leur lit
des pays ruisselants et hagards
faits de petits matins clos de longues
rêveries d’herbes et d'Óles
où près d’atteindre la zone des turbulences
les travailleuses vont jeter
l’enfant de leur sommeil
Le ciel n’Existe pas c’est
le chiffre des yeux tombés dans les cernes
comme si l'âme n’avait plus les moyens
de relancer sous la paupière
l’impossible navette du bonheur
Periferia dell’alba
a Gérard Noiret
I treni di pena tirano fuori dal letto
paesi grondanti e stravolti
fatti di piccoli mattini chiusi di lunghi
vagheggiamenti d’albe e isole
dove in procinto di raggiungere la zona delle turbolenze
le lavoratrici vanno a gettare
il figlio del loro sonno
Il cielo non esiste è
la cifra degli occhi caduti nelle occhiaie
come se l’anima non avesse più i mezzi
per rilanciare sotto la palpebra
l’impossibile navetta del bene
*
Da Nomadia, Gallimard, Parigi 2003
AVANT POÈME
Cinq ans d'empierrement cinq ans de glace
je fus cinq ans dans ce vaisseau figé
Qu'on appelle maison
Cinq ans à déterrer sa coque grise
Cinq ans cinq ans à m'enterrer
Je n'étais plus alors qu'une main noire et lourde
un cheval fauché
qui n'a plus que ses yeux pour courir
une main à prise rapide
et tout le ciel me passait sous le nez
Une main dure à échaufeder
et les saisons l'une après l'autre
perdaient leur têtes chevalières
et roulaient dans mes caves
leurs vides ventilés
PROLOGO
Cinque anni interramento cinque anni ghiaccio
cinque anni rimasi in quest’immobile vascello
che chiamiamo casa
cinque anni a sterrarne il grigio scafo
cinque anni a interrarmi
Io non ero allora più che mano grave e nera
cavallo falcato
che non corre più se non con gli occhi
mano dalla presa rapida
e il cielo intero mi passava sotto il naso
mano dura da scaldare
e le stagioni una dopo l’altra
perdevano le loro teste cavaliere
rotolando nelle mie cantine
i loro ventilati vuoti
*
MAISON, 1
A Christian Hubin
S'il venait enfin
l'homme gorgé de criques
poser entre tes bras
son sang tanné
et sa moisson de lunes
ton accueil soit genêts
lisières passerelles
jamais comme en ce lieu
terre sous séquestre
ni couche femelle
(août 72)
CASA, 1
A Christian Hubin
Se venisse infine
l’uomo pieno di ferite
a deporti tra le braccia
il suo sangue conciato
e la sua messe di lune
la tua accoglienza sia ginestre
confini passerelle
mai come in questo luogo
terra sotto sequestro
non letto di donna
(agosto 72)
*
MAISON, 4
Comme une femme qui connaît
la valeur des cartes et la saison
d'abattre son jeu elle s'adosse
à l'hiver pour tendre ses filets
Qui ne l'a vue balancer
au traverse des brumes son fanal fou
brouiller nos pistes de transhumanance
quand la neige est au rendez-vous
et nous attend pour renverser la nuit
(1972)
CASA, 4
Come una donna che conosce
il valore delle carte e la stagione
per abbattere il suo gioco lei si addossa
all’inverno per tendere i suoi fili
Chi non l’ha vista bilanciare
al traverso delle brume il suo fanale folle
confondere le nostre piste di transumananza
quando la neve è all’appuntamento
e attende noi per rovesciare la notte
(1972)
*
MAISON, 6
Altière capitaninerie
que la terre ferme exile
vaisseau figé sous la voile
du temps
que ne donnerais-tu
tout cet âge futur
pour marcher sur la mer
CASA, 6
Altera capitana
che la terraferma esilia
vascello immobile sotto la vela
del tempo
che non donerai
tutta quest’età futura
per camminare sul mare
*
Da Elogio per una cucina di provincia, Gallimard, Parigi 2000
Les vagabonds
Ce corps large ouvert avant l'aube et que la nuit
ne ferme jamais en entier ô cuisine d'enfance
si tu le livres c'est pas à pas
à ceux qui, dans l'ombre comme nous,
consentent à mourir loin de tes feux, sur les routes
en mer ou plus haut que les nuages, ayant franchi
la barrière et brisé les dernières images
qui les retenaient par les cheveux.
Ils furent tes hôtes improvisés, tes ouvriers
de la dernière heure, ces amants que la pluie emporte
avec le sable des lampes
vers une mer plus vaste et inutile, et tous
maintenant que l'échafaudage du rêve est tombé
avec la nuit, qu'il n'y a plus rien à faire qu'attendre
tous, ils se souviennent de ton ventre, de tes genoux
de tes yeux enfouis dans la douce lumière d'hiver
de ta chaleur de chienne
et de ton jardin plein de mousse aux parfums emmêlés
comme les boucles des anges dans la sapinière de
minuit.
O mémoire, belle prisonnière du vent
que nul en sa déroute ne délie
même s'il a perdu son nom et sa femme et sa folie
mémoire, notre unique bagage en ce lieu sans racines
(mais quoi d'autre opposer à l'angoisse qui nous serre
les uns contre les autres, tous étrangers pourtant
et bien plus solitaires qu'un buis crucifié
dans l'infernal été des granges, oui, quel autre fil
pour ne pas céder dans le labyrinthe
à l'aride existence des momies?)
Ô cuisine tellement ouverte et si chaude en ta douleur
depuis toujours, par tous les temps, que tu peux dire
Allez
voir ailleurs si j'y suis, dans un mouvement d'humeur
on sait que tu es là, que tu attends comme la nuit
l'exaltation des voix, des rires, et la tablée
où, comme un cœur bien accroché à la louche qui verse
le printemps dans les assiettes, tu souris
aux ombres du miroir rouillé et te perds
dans les pas d'autrefois les souvenirs blancs ou noirs
l'odeur entêtée du lilas enfermant le couloir
comme une chambre à jamais close où défilent
un par un les morts aimés et les autres .
par exemple celui-là qui s'en fut en Abyssinie
étreindre une rose vive — peine perdue — et cet autre
pour l'amour d'un cheval, qui devint fou, tous
tu les rassembles autour de la table
comme les seins, la tête, les jambes, les deux ailes
de la maison, sans oublier ce qui fut la part de chacun :
l'eau, le sel, le sucrier et la vaisselle
- et le temps passe ainsi, le feu s'est éteint
les ombres ont repris leur face inconsolable
Patience ! tu reconstitues pour les bois qui geignent
et pour la comptine muette de l’escalier
pièce à pièce, ce puzzle si longuement brouillé :
la vie d’une cuisine en province.
I vagabondi
Questo grande corpo spalancato prima dell’alba e che la notte
non chiude mai del tutto oh cucina d’infanzia
se lo consegni è passo dopo passo
a quelli che, nell’ombra come noi,
acconsentono a morire lontano dai tuoi fuochi, sulle strade
in mare o più in alto delle nuvole, dopo aver superato
la barriera e spezzato le ultime immagini
che li tenevano per i capelli.
Furono i tuoi ospiti improvvisati, i tuoi operai
dell’ultima ora, questi amanti che la pioggia porta via
con la sabbia dei lampi
verso un mare più vasto e inutile, e tutti
sostenendo che l’impalcatura del sogno è caduta
con la notte, e non resta che attendere
tutti, si ricordano il tuo ventre, le tue ginocchia
i tuoi occhi fuggiti nella dolce luce d’inverno
il tuo calore di cagna
e del tuo giardino pieno di muschio dai profumi intrecciati
come i boccoli degli angeli nell’abetaia di
mezzanotte.
Oh memoria, bella prigioniera del vento
che nessuno nella sua disfatta disfa
perfino se ha perduto il nome e la donna e la follia
memoria, nostro unico bagaglio in questo luogo senza radici
(ma che altro opporre all’angoscia che ci serra
gli uni contro gli altri, eppure tutti estranei
e ben più solitari di un bosso crocifisso
nell’estate infernale dei granai, sì, quale altro filo
per non cedere nel labirinto
all’arida esistenza delle mummie?)
O cucina tanto aperta e così calda nel tuo dolore
da sempre, per tutto il tempo, da poter dire
Andate
a vedere altrove se io là ci sono, in un moto di stizza
sappiamo che tu sei là, che aspetti come la notte
l’esaltazione delle voci, delle grida e la tavolata
dove, come un cuore ben attaccato al mestolo che versa
la primavera nei piatti, sorridi
alle ombre dello specchio arrugginito e ti perdi
nei passi di allora i ricordi bianchi o neri
l’odore persistente dei lillà a sbarrare il corridoio
come una stanza chiusa per sempre dove sfilano
uno per uno i morti amati e gli altri
per esempio quello che se ne fuggì in Abissinia
ad abbracciare una rosa viva – pena perduta – e quell’altro
che divenne pazzo per amore di un cavallo, tutti
li raduni attorno alla tavola
come i seni, la testa, le gambe, le due ali
della casa, senza dimenticare quella che fu la parte di ciascuno:
l’acqua, il sale, la zuccheriera e i piatti
- e il tempo passa così, il fuoco si è spento
le ombre hanno ripreso il loro viso inconsolabile
Pazienza! Ricostruisci per i boschi che gemono
e per la conta muta della scala
pezzo per pezzo, questo puzzle rimasto così a lungo confuso:
la vita di una cucina in provincia.
*
La Prisonnière
Non, vraiment la douceur des mots t’égare
et la pluie ritournelle d’automne contre le vitre
fait dérailler lentement le train où je ne peux voyager
avec toi
sauf en rêve car ici est une voie de garage
et si l’herbe ne pousse pas encore entre mes jambes
c’est que je reste debout et piétine comme une jument
impatiente d’attraper la mer qui baîlle entre les
collines
où je n’enfante que mirage de verre, de murs blancs,
de lessives
Non, la cuisine que tu chantes n’est pas de mon sang
sa voix de sucre candi m’arrache la gorge – et si tu
n’entends pas mon cri
sache au moins que c’est lui qui me porte avec toi
contre toi –
et la glu de ses bras me coule dans le dos et me tache.
Regarde mon tablier: toutes les fleurs sont fanées
et je ne garde rien de l’odeur des près
où j’aurais tant voulu mourir contre toi avec l’été.
Vois cette ombre plutôt qui grandit sur le papier réglé
quatre sur quatre
(papier-musique à dissonance sans autre musicien
que l’angoisse)
qui grandit à mesure que les invités s’en vont
et qui tombe sur moi d’un coup et m’écrase de tout
son poids
de montagne rabotée basse et stérile – ah, ces désirs
dans la chair à vif qui rentrent leur ongles! –
c’est elle la marâtre qui de l’aube à la nuit me livre
entre ces quatre murs, à ses amants de passage
qui m’écartèlent entre l’évier et le buffet
et mon corps comme à l’estrapade sur la table se
sépare
et j’ai dix mains tout à coup, dix oreilles
et la fleuve de voix, des rires, me traverse
sans que j’y puisse même tremper les lèvres
et boire ce filet de ciel égaré dans l’oeil de mes enfants
et quand le fleuve tarit (il est neuf heures déjà)
je reste avec un grand désert sur les bras
- Toi, tu as passé les collines et tu ne sais plus rien.
La Prigioniera:
No, davvero la dolcezza delle parole ti fuorvia
e la pioggia ritornello d’autunno contro il vetro
fa deragliare lentamente questo treno dove non posso viaggiare
con te
se non in sogno perché questa è una strada di garage
e se l’erba non cresce ancora tra le mie gambe
è perché resto in piedi e scalpito come una giumenta
impaziente di afferrare il mare che si schiude tra le
colline
dove non partorisco che miraggi di vetro, muri bianchi,
detersivi
No, la cucina che canti tu non è del mio sangue
la sua voce di zucchero filato mi strappa la gola- e se tu
non senti il mio grido
sappi almeno che è lui che mi porta con te
contro di te –
e la colla delle sue braccia mi scende sul dorso e mi macchia.
Guarda il mio grembiule: tutti i fiori sono appassiti
e io non conservo nulla dell’odore dei prati
dove avrei tanto voluto morire contro di te con l’estate.
Vedi piuttosto quest’ombra che cresce sulla carta sistemata
quattro su quattro
(carta-musica a dissonanza senz’altri musicisti che
l’angoscia)
che cresce a misura che gli invitati se ne vanno
e che a un tratto cade su di me e mi schiaccia con tutto
il suo peso
di montagna smussata e sterile – ah, questi desideri
nella carne viva che ritraggono le unghie! –
è lei la madre snaturata che dall’alba al tramonto mi consegna
tra queste quattro mura, ai suoi amanti di passaggio
che mi dilaniano tra l’acquaio e la credenza
e il mio corpo come nel supplizio della corda si spezza
in due sulla tavola
e tutt’a un tratto ho dieci mani, dieci orecchie
e il fiume della voce, delle risa, mi attraversa
senza ch’io possa neppure bagnare le labbra
e bere questo filo di cielo smarrito nell’occhio dei miei figli
e quando il fiume si prosciuga (sono già le nove)
resto con il mio grande deserto sulle braccia
Tu, tu hai superato le colline e non sai più niente.
*
I
Et si c'était vraiment le déluge, cela
qui, vague après vague, jour après jour,
chasse jusqu'au fond les vieux papiers
les vieux amours, les visages, les lumières
les maisons sur leur toit, baleines échouées
si c’était vraiment lui, ce long frisson
comme un corridor qui nous traverse
quand la trompe du marchand de poisson
retentit dans l’air humide,
resterions-nous ainsi comme une barque vide
dans l'ombre sans bouger
attendant que le passeur endormi
ressoude les deux rives ?
I
E se fosse davvero il diluvio, quello
che, onda dopo onda, giorno dopo giorno,
ricaccia sul fondo le vecchie carte
i vecchi amori, i visi, le luci
le case sui loro tetti, balene incagliate;
se fosse veramente lui, quel lungo brivido
come un corridoio che ci attraversa
quando la tromba del venditore di pesce
riecheggia nell’aria umida;
resteremmo qui come una barca vuota
nell’ombra senza muoverci
aspettando che il traghettatore addormentato
rinsaldi le due rive?
*
II
C'est trop peu dire que nous ne vivons pas
dans la lumière, que chaque pas
est une chute d’Icare, et pas un jour
pas un bruit, pas un pas
qui ne nous sacrent proprietaires
de rien – les dieux mêmes ont perdu l’héritage
du vent et leurs voix désormais tournent en rond
alors que le ciel s’ouvre les veines
aux quatre horizons de la chambre
et que les feuilles déjà se tendent
pour recevoir avec l’or et la myrrhe
l'encens bleu qui monte de la terre.
II
È troppo poco dire che non viviamo
nella luce, che ogni passo
è una caduta d’Icaro, e non c’è un solo giorno
non un rumore, non un passo
che non ci consacrino proprietari
del niente – gli dei stessi hanno perduto l’eredità
del vento e le loro voci ormai girano in tondo
mentre il cielo si taglia le vene
ai quattro orizzonti della stanza
e le foglie già si protendono
per ricevere con l’oro e la mirra
l’incenso blu che sale dalla terra.
III
Si même nous avions pouvoir d’élever
au-dessous des maisons, des routes bleues,
cette charge d’ombres, des doutes
qui nous use comme pierre des seuils
et qu’une nuage puisse tout emporter d’un coup
en disperser le sel sur les eaux de la mer,
consentirions-nous seulement à y jeter
ces marges du poème, à demeurer
ici-bas, dans l’herbe vive
comme une feuille que le ciel a quittée?
*
III
Se pure avessimo il potere di sollevare
al di sopra delle case, delle strade blu,
questo carico d’ombre, di dubbi
che ci consuma come pietra sulla soglia
e una nuvola potesse trasportarlo tutto intero
spargerne il sale sulle acque del mare,
acconsentiremmo soltanto a gettarci
questi margini di poesia, a restare
quaggiù, nell’erba viva
come una foglia che il cielo ha lasciato?
*
IV
Et si le poème, c’était plus simplement
ce qui reste en souffrance dans la déchirure
du ciel, comme une valise sans couleur
un gant dans l’herbe – et le rayon de soleil
s’amuse avec les serrures, l’agrafe en fer blanc
cependant que nous restons en retrait
empêtrés dans nos ombres
comme un enfant grandi trop vite
et qui ne sait plus rire.
IV
E se la poesia fosse più semplicemente
ciò che resta della sofferenza nella lacerazione
del cielo, come una valigia senza colore
un guanto nell’erba – e il raggio di sole
si divertisse con le serrature, il gancio in ferro bianco
mentre noi restiamo in retroguardia
impietriti nelle nostre ombre
come un bambino cresciuto troppo in fretta
e che non sa più ridere.
*
Da La vita promessa, Gedit, Bologna 2004
I
Je me disais aussi: vivre est autre chose
que cet oubli du temps qui passe et des ravages
de l’amour, et de l’usure – ce que nous faisons
du matin à la nuit: fendre la mer,
fendre le ciel, la terre, tour à tour oiseau,
poisson, taupe, enfin: jouant à brasser l’air, l’eau,
les fruits, la poussière; agissant comme, brûlant
pour, marchant vers, récoltant
quoi? Le ver dans la pomme, le vent dans les blès
puisque tout retombe toujours, puisque tout
recommence et rien n’est jamais pareil
à ce qui fut, ni pire ni meilleur,
qui ne cesse de répéter: vivre est autre chose.
I
Mi dicevo anche: vivere è ben altra cosa
che quest’oblio del tempo che passa e le devastazioni
dell’amore, e dell’usura – ciò che facciamo
dal mattino alla notte: fendere il mare,
fendere il cielo, la terra, di volta in volta uccelli,
pesci, talpe, infine: giocando a manipolare l’aria, l’acqua,
i frutti, la polvere; agendo come, bruciando
per, camminando verso, raccogliendo
che? Il verme nella mela, il vento nel grano
perché tutto sempre ricade, perché tutto
ricomincia e nulla è mai simile
né peggiore, né migliore, a ciò che fu
che non smette di ripetere: vivere è ben altra cosa.
*
II
Le temps qu’on se lève vraiment, qu’on dise
oui de la pointe des pieds jusqu’au sommet
du crâne, oui à ce jour neuf jeté
dans la corbeille du temps, il pleut.
Ô l’exacte photographie de l’ame, ces deux mots
qui nous rentrent les yeux comme des ongles
dans la chair: il pleut. Le sang de l’herbe
est vert insupportablement et c’est en nous
qu’il pleut, en nous qu’une digue rompue
voit s’effondrer peu à peu, derrière la vitre
et parmi les voilures, avec des pans de vieux
regrets, d’attentes fatiguées,
les raisons de partir et d’habiller le froid.
II
Il tempo in cui ci si alza veramente, in cui si dice sì
dalla punta dei piedi fino al vertice
del cranio, sì a questo giorno nuovo gettato
nel cesto del tempo, piove.
Oh, l’esatta fotografia dell’anima, questa parola
che s’infila negli occhi come unghie
nella carne: piove. Il sangue dell’erba
è verde intollerabilmente ed è in noi
che piove, in noi che una diga infranta
vede sprofondare poco a poco, dietro il vetro
e tra le velature, con lembi di vecchi
rimpianti, stanche attese,
le ragioni per partire e vestire il freddo.
*
III
Encore, si le feu marchait mal, si la lampe
filait un miel amer, pourrais-tu dire: j’ai froid,
et voler le cœur du noyer chauve, celui
du cheval de labor qui n’a plus où aller
et qui va d’un bord à l’autre de la pluie
comme toi dans la maison, ouvrant un livre,
des portes, les repoussant: terre brûlée, ville
ouverte où la faim s’étale et crie
comme ces grappes de fruits rouges sur la table,
vie étrangère, inaccessible présent
à celui qui ne sait plus désormais
que piétiner dans le même sillon
la noire et lourde argile des fatigues.
III
E poi, se il fuoco prendesse male, se la lampada
filasse un miele amaro, tu potresti dire: ho freddo,
e rubare il cuore al noce calvo, quello
del cavallo da tiro che non ha più dove andare
e va da una parte all’altra della pioggia
come te nella casa, aprendo un libro,
porte, respingendole: terra bruciata, città
aperta dove la fame si stende e grida
come questi grappoli di frutti rossi sulla tavola,
vita straniera, presente inaccessibile
a chi non s apiù ormai
che pestare nello stesso solco
la pesante argilla nera delle fatiche.
*
IV
Peut-être faudrait-il tirer le rideau, laisser
le corps tout entier couler dans la fatigue
se dénouer l’entrelacs des pensées, la noire
étreinte des algues, trancher vif
avec ta propre mort, ce qui a été et qui n’est
plus, avec ce qui viendra, l’inéluctable
marée de sons et d’images que les noyés – dit-on
n’emportent pas, laisser le temps
comme la pluie battre sur ton front
jusqu’à ce que tout redevienne poussière
dans la chambre du mort: on vide les tiroirs,
on balaye et par la porte ouverte la lumière
un instant se fait chair et frissonne.
IV
Forse bisognerebbe tirare le tende, lasciare
il corpo tutto intero colare nella fatica
spogliarsi degli intrecci di pensieri, del nero
abbraccio delle alghe, tranciare di netto
con la tua stessa morte, ciò che è stato e che non è
più, con quello che verrà, l’ineluttabile
marea d’immagini e suoni, che i sommersi – si dice
non portano via, lasciare il tempo
come pioggia batterti la fronte
finché tutto ridiverrà polvere
nella camera del morto: si vuotano i cassetti,
si spazza attraverso la porta aperta la luce
un istante si fa carne e rabbrividisce.
*
V
On dit: le soleil après la pluie, la mer
après la montagne, l’amour après
et partir, partir. Demain, quand tout sera,
quand tout aura, quand.
Promesses des morts si vivre est plus
qu’attendr, qu’espérer. Cendres jetées
sur le feu qui regimbe un peu puis se tait
sans consolation: la nuit
tombe, l’aube se lève, un été a passé.
Déjà, disent les fumées du hameau
tandis que les animaux sans colère continuent
d’amasser l’or de temps, l’or
de nos yeux avides et si vite fermés.
V
Si dice: il sole dopo la pioggia, il mare
dopo la montagna, l’amore dopo
e partire, partire. Domani, quando tutto sarà,
quando tutto avrà, quando.
Promesse di morti se vivere è più
che aspettare, che sperare. Ceneri gettate
sul fuoco che un po’ recalcitra poi tace
senza consolazione: la notte
cala, l’alba si leva, un’estate è passata.
già, dicono i fumi del casolare
mentre gli animali senza collera continuano
ad accumulare l’oro del tempo, l’oro
dei nostri occhi avidi e così presto chiusi.
*
VI
Et tu finis par ranger le livre, là-haut,
à sa place exacte, ce petit creux d’ombre et d’oubli
comme le coin de terre qui te revient.
Tu reviens toi aussi
à ta place, devant la fenêtre, la table,
ce carré de neige que nul encore n’a forcé
et qui va dans tous les sens comme ta vie
parmi les mots, les morts.
Tu sais bien qu’aucun signe ne guérit de l’absence,
pas plus que le merle en tombant ne renverse
l’axe de la terre, mais tu persistes, ô scribe,
à soudoyer les anges:
un peu d’or dans la bue, dites, que la nuit reste ouverte.
VI
E tu finisci per sistemare il libro, là in alto,
al posto giusto, quel piccolo incavo d’ombra e d’oblio
come l’angolo di terra che ti ritornerà.
Anche tu ritorni
al posto che ti spetta, davanti alla finestra, al tavolo,
a questo quadrato di neve che ancora nessuno ha forzato
e che va in tutti i sensi come la tua vita
tra le parole, le morti.
Sai bene che nessun luogo guarisce dall’assenza,
più di quanto il merlo nel cadere non rovesci
l’asse della terra, ma tu persisti, o scriba,
nel prezzolare gli angeli:
un po’ d’oro nel fango, dite, che la notte resti aperta.
*
VII
Si j’ai cherché – ai-je rien fait d’autre? –
ce fut comme on descend une rue en pente
ou parce que tout à coup les oiseaux
ne chantaient plus. Ce trou dans l’air,
entre les arbres, mon souffle ni mes yeux
ne l’ont comblé – et je criais souvent
au milieu des herbes, mais je n’attendais
rien, je me disais: voilà,
je suis au monde, le ciel est bleu, nuages
les nuages et qu’importe le cri sourd des pommes
sur la terre dure: la beauté, c’est que tout
va disparaître et que, le sachant,
tout n’en continue pas mois de flâner.
VII
Se ho cercato – ho forse fatto altro? –
è stato come discendere una strada in pendenza
o perché tutt’a un tratto gli uccelli
non cantavano più. Questa fossa nell’aria,
tra gli alberi, il mio fiato e i miei occhi
non l’hanno colmata – e io spesso gridavo
in mezzo all’erba, ma non aspettavo
nulla, mi dicevo: ecco,
sono al mondo, il cielo è blu, nuvole
le nuvole, e che importa il grido sordo delle mele
sulla terra dura: la bellezza è che tutto
sta per sparire e che, pur sapendolo,
ogni cosa non di meno continua a vagolare.
*
VIII
Vers l’ouest, avec les derniers rayons roses
en suivant bien la flèche sur le bas trop tendu
de la nuit qui s’est penchée pour mettre
l’avion dans sa poche, voilà
ce qui tient encore, les yeux au ciel, debout
sur ce parking où tu effiles dans le gris
tes voiles de Colomb, tes routes de la soie
et du sel et du seul, en attendant
en attendant que tout finisse (tu dis tout
comme celui qui siffle pour garder son ombre
à ses côtés dans la ruelle obscure) tout: ce baiser
- à peine – du couchant sur les lèvres
de celle qui s’en va en te laissant le quai.
VIII
Verso ovest, con gli ultimi raggi rosati
seguendo bene la freccia sulla calza troppo tesa
della notte che si è chinata per mettersi
l’aereo in tasca, ecco
quello che resiste ancora, con gli occhi al cielo, in piedi
su quel parcheggio dove sfilacci nel grigio
le tue vele di Colombo, le tue ve della seta
e del sale e del solo, aspettando
aspettando che tutto finisca (dici tutto
come chi fischia per tenersi l’ombra
al fianco nel vicolo scuro) tutto: il bacio
- appena – del tramonto sulle labbra
di lei che se ne va lasciandoti il marciapiede.
*
IX
Ce que j’ai voulu, je l’ignore. Un train
file dans le soir: je ne suis ni dedans
ni dehors. Tout se passe comme si
je logeais dans une ombre
que la nuit roule comme un drap
et jette au pied du talus. Au matin,
dégager le corps, un bras, puis l’autre
avec le temps au poignet
qui bat. Ce que j’ai voulu, un train
l’emporte: chaque fenêtre éclaire
un autre passager en moi
que celui dont j’écarte au réveil
le visage de bois, les traverses, la mort.
IX
Quel che ho voluto, l’ignoro. Un treno
sfreccia nella sera: non sono né dentro
né fuori. Tutto avviene come se
abitassi in un’ombra
che la notte riavvolge come un drappo
che getta ai piedi della scarpata. Al mattino,
liberare il corpo, un braccio e poi l’altro
con il tempo al polso
che batte. Quel che ho voluto, un treno
lo porta: ogni finestra rivela
in me un passeggero diverso
da quello da cui mi scosto al risveglio
il viso di legno, le stranezze, la morte.
*
X
Je me disais: il faut encore, il faut –
et les mots couraient devant moi, reniflaient
la route, le ciel, les fougères, le ventre
mal boutonné des collines
puis revenaient, me rapportant un bout de peau
calcinée, un fragment d’os: cette vieille
et toujours lancinante question
du pourquoi ici, moi, pourquoi?
-aller venir attendre comme le préposé
aux départs, qui ouvre et ferme l’horizon,
attendre l’ultime voyageur
avant de retourner l’ardoise, d’écrire:
fermè pour cause de paresse.
X
Mi dicevo: bisogna ancora, bisogna –
e le parole correvano davanti a me, fiutavano
la strada, il cielo, le felci, il ventre
male abbottonato delle colline
poi tornavano, portandomi una punta di pelle
bruciata, un frammento d’osso: questa vecchia
e sempre lancinante domanda
del perché qui io, perché?
- andare venire attendere come l’addetto
alle partenze, che apre e chiude l’orizzonte,
attendere l’ultimo viaggiatore
prima di rendere l’ardesia, scrivere:
chiuso per pigrizia.
*
Da Un mantello di fortuna, Gallimard, Parigi 2001
I
Le corps de l’homme en proie
à l’errance s’habitue vite
au visage nombreux de la mort:
fatigue, dégoût, ruine de tous
projets, ces promesses pas à pas
qui reculent, s’enfoncent dans l’hier
et la nuit. Sur quoi vient la rouille
du moindre geste. On dirait
qu’elle se pose comme une feuille
quand le sang ne veut plus courir,
à bout de tant de regrets, remords,
soupirs, ce qu’on porte malgré soi:
l’encombrant boucliers des vaincus.
I
Il corpo dell’uomo in preda
all’erranza si abitua in fretta
ai numerosi volti della morte:
fatica, disgusto, rovina di tutti
i progetti, quelle promesse passo a passo
che arretrano, affondando nello ieri
e la notte. Sulla quale viene la ruggine
del più piccolo/minimo gesto. Si direbbe
che si posi come una foglia
quando il sangue non vuole più correre,
al fondo di tanti rimpianti, rimorsi,
sospiri, ciò malgrado sé stessi si porta:
l’ingombrante scudo degli sconfitti
*
II
On s’habitue vite et c’est ce qui
nous sauve, paraît il. Encore petit
et peu sûr au dedans, et triste déjà
à cause d’un lapin mort de froid
dans sa cage, d’une fleur piétinée, bref,
c’était pire encore de les entendre
s’exclamer: regarde comme il s’est
endurci, tant sont aveugles ceux
qui voient bien l’écorce aux prises
avec la pluie, la grêle, mais jamais
la grimace de l’aubier ou du surgeon
malmené (votre enfant, grand dieu!
si plein de larmes et d’effoi.)
II
Ci si abitua in fretta ed è ciò che
ci salva, sembrerebbe. Ancora piccolo
e poco sicuro all’intento, e già triste
a causa di un coniglio morto di freddo
dentro la gabbia, di un fiore calpestato, in breve,
era ancor peggio sentirli
esclamare: guarda come si è
irrigidito, a tal punto è cieco chi
vede bene la corteccia alle prese
con la pioggia, la grandine, ma mai
le smorfie dell’alburnoo del chirurgo
maltrattato (vostro figlio, Mio Dio!
così pieno di lacrime e terrore).